La maladie d'alzheimer

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La maladie d'alzheimer

Message  Admin le Mar 30 Déc - 13:45

Une maladie bien connue, difficile à gérer pour le patient et la famille donnez nous vos expériences vécues et vos liens vers des associations qui pourraient nous aider.
www.francealzheimer.org

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hommage à mon papa (1)

Message  Admin le Mar 30 Déc - 13:47

SOUVENIR DE TOI

Je suis Gérard le fils unique de Nicolas mon père gravement atteint de la maladie d’alzheimer. J’ai voulu écrire ces quelques mots en hommage à ma mère Anna. Lorsque j’étais présent pour leur rendre visite et vivre quelques jours avec eux, j’ai vraiment compris ce que faisait cet ange de dévouement et je me suis mis dans son corps et son esprit pour vous relater ce qui va suivre.

« Vous qui ne savez pas ou croyez savoir, je vais vous dire ce que c’est que d’avoir un mari qui s’enfonce petit à petit dans la maladie d’alhzeimer.
Je ne vais que vous raconter ce que c’est que de passer 24 heures avec lui, uniquement 24 heures. L’être que vous avez aimé pendant plus de 54 ans et que vous aimé encore malgré sa maladie aussi atroce quelle puisse être.

Je suis toute seule face à lui face et à cette horrible maladie qui mange petit à petit le cerveau de mon mari, ces souvenirs et même jusqu’à ne plus se souvenir de moi. Il est maintenant décédé des suites de cette maladie voilà presque 1 an. Il en souffrait depuis plus de 10 ans. Il avait 79 ans.

Le jour ce lève enfin sur une nuit sans sommeil. Il est là, livide tourné sur le côté gauche tout recroquevillé comme un fœtus, le bouche grande ouverte pour respirer l’air qui n’a plus aucune odeur pour lui, plus aucun goût. Je le regarde de dos, je le reconnaît à peine, mon mari avec lequel j’ai vécu un amour sans nuage et cette maladie pour laquelle je ne peux pas combattre, ce mal vicieux qui me l’enlève tout les jours un peu plus, loin de moi loin de tout.

Cette nuit a été terrible comme toutes les autres nuits me dis je.
Je l’ai couché à 21 heures après de multiples efforts pour le déshabiller, écouter ses cris de détresse de peur de tomber lorsqu’il est debout face à moi. Il est voûté les yeux hagards dans le vide, la peur se lit dans le profond de ses yeux d’un vert limpide , ce regard qui m’avait fait craqué il y a plus de 54 ans. Je n’y vois plus que de la peur, de l’inquiétude souvent, de la solitude surtout malgré ma présence de tous les instants. Le regard d’un enfant qui cherche sa mère qui ne trouvera jamais dans ces lieux qui sont pour lui devenu inconnus.
Après l’avoir déshabillé il faut maintenant que je lui mette la couche car s'a fait longtemps qu’il est devenu incontinent. Combien de fois, encore aujourd’hui malgré cette satané couche, cette culotte que je lui mets pardessus pour qu’elle tienne mieux pour la nuit ; je vais changer les draps et l’alèze et quelque fois je fait sécher le matelas quant sa déborde ou sa ne tiens pas. Quelque fois il m’arrive de le faire 1 ou 2 fois par nuit, j’ai parfois du mal à faire la rotation de mes draps que j’ai dans l’armoire. Je suis fatiguée, énervée, je pleure quelquefois, même souvent, mais je l’aime tellement…
Il me faut l’amener au lit, il marche à petits pas comme une geisha en traînant ces pieds sur le carrelage du couloir. Je le rassure constamment en regardant ces yeux perdus dans le vide, qu’il ne risque rien je lui tiens ses deux mains face à lui, tout près de lui. Il me demande constamment où on va et je lui répète avec la plus grande douceur que ma fatigue peut supporter : on vas ce coucher, il faut que tu dorme, c’est la nuit.
De la salle à manger jusqu’au lit il y a peine quinze mètres, nous y arrivons enfin après plus de dix minutes de patience et de mots rassurants afin qu’il ne soit pas trop effréillé de ce nouvel endroit qui est pour lui. Cette maison qu’il a fait de ses mains des fondations jusqu’au toit dans les années soixante. A ça non ! On ne peut pas dire qu’il était faignant. Toute sa vie n’a été que labeur et souffrance car les différentes maladies ne l’on jamais épargnées, et pour finir par l’une des plus terrible de ce siècle, celle qui le frappe maintenant et qui va me l’enlever pour toujours. Je me prends quelques fois à demander la faveur de partir avec lui, pourquoi Il ne m’entend pas…
Il est debout devant ce lit que je fini par haïr car je sais ce que la nuit me réserve. Il faut lui faire faire un demi tour pour pouvoir l’asseoir avant de le coucher. J’ai peur de tomber dit il, mais non je lui réponds constamment, tu ne risque rien c’est le lit. Ses yeux trahissent sa peur, tout son corps ce crispe, se tend et devient très dur comme de l’acier. Je ne pèse que 48 kilos et lui près de 80, j’y mets toute la patience qui me reste encore et toujours pour enfin lui faire comprendre qu’il ne risque rien et enfin avec un long gémissement comme quelqu’un qui tombe dans un gouffre sans fin il s’assoit.
Il est la devant moi assis le regard vide, j’ai envie de pleurer mais je ne sais plus pourquoi, si c’est des nerfs, de la peine, de la compassion, de la douleur, de l’incompréhension, je ne sais pas, c’est un sentiment étrange et très difficile à gérer, je suis épuisée. Je me penche vers ses pieds et je lui enlève les chaussettes, je l’entends dire : ne me déshabille pas j’ai froid alors qu’il fait 22°C dans la chambre et je lui réponds machinalement, tu vas pas dormir avec les chaussettes non…
Je prends une grande respiration, il faut le coucher à présent. Alors je lui mets les mains sur les joues pour le rassurer et j’applique une légère force pour le faire basculer sur son côté favoris afin qu’il s’allonge. De nouveau tout son corps se durci, ce tend, et il cri très fort, arrête tu vois pas que je tombe !! Arrête tu vas me tuer ! Le point d’équilibre est enfin atteint, il bascule et se trouve en chien de fusil, je lui arrange le coussin pour qu’il soit le mieux possible, et je le regarde tendrement en lui disant quelques mots doux, et je l’embrasse sur la joue en lui disant, allez dort maintenant « Nico » il faut dormir maintenant.
Oui il s’appelait Nicolas mais je l’appelais Nico depuis toujours un diminutif très affectueux qui faisait parti de nos vies de nos souvenirs.
Il me répondait souvent : oui d’accord je dors, tu viens dormir toi aussi ? Et je lui répondais inlassablement oui j’arrive je regarde les informations et j’arrive, bien qu’elle fussent passées depuis bien longtemps, mais il n’avait plus la notion du temps depuis longtemps. Enfin je vais pouvoir avoir un instant pour moi me dis je mais sans conviction, je savais ce qui m’attendais, il était 21h 45.
Surtout ne pas éteindre la lumière de la chambre pour pas qu’il n’est trop peur, tourné sur le lit de son côté favoris il ne peux me voir, mais me réclame déjà, je ne suis pas encore sortie de la chambre.
Anna !……….Anna !.... encore plus fort, …… Anna !.... encore plus fort,….. Oui, je lui réponds, dort, dort c’est la nuit. Oui je dors, me répond t il, je dors. Je suis dans le couloir je n’ai fais que 5 mètres et j’entends, Anna !... on mange !….., Anna !... on mange !... encore plus fort…. Dort je lui réponds on viens de manger il faut que tu dorme maintenant.
Enfin le silence depuis plus de 2 minutes je m’assois dans la salle à manger où la télévision est toujours allumée il se déroule un film dont je ne connais pas le début et je connaîtrais sûrement pas la fin. Je m’assois, enfin, ivre de fatigue et de douleur mentale.

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homage à mon papa (2)

Message  Admin le Mar 30 Déc - 13:49

Pas plus tôt assise que sa recommence. Anna !... on mange !...Anna tu viens !.. Anna !...
Enfin après plus d’une demi heure éxédée par ces appels incessants je cède. Et après une toilette sommaire je rentre dans la chambre et il est debout devant le lit les yeux hagards en train de me chercher dans le mur qui est face à lui. Il le tâtonne avec sa main droite sans plus trop de vie et caresse la tapisserie tout en m’appelant.
Nico, que fais tu ? As tu es là ! Me répondit il en se retournant légèrement. Je te cherchais….. Pauvre être me dis je intérieurement comment es ce possible une chose pareille ? Que doit il ressentir ? Que puis je faire encore pour faire partie de son monde, pour le rassurer ? C’est dur……
Allez viens on va se coucher, allez assied toi sur le lit afin que je te couche. Ces pieds sont gelés, les carreaux sont froids, mais il ne dit rien il ne sent plus tellement la différence. Je les lui frotte entre mes mains pour lui réchauffer, je vois qu’il apprécie il ferme légèrement ses yeux émeraudes.
Ca fait du bien dit il. Et il se couche gentiment toujours avec l’aide de mes mains posées sur ses joues que j’ai tellement envie de câliner. Je le couve tendrement comme un enfant et il m’appelle déjà, Anna !... tu viens….. Oui, je reste avec toi tu vois, je me couche, et je me mets tout près de lui pour le rassurer et pour que ses yeux se ferment enfin pour des rêves inconnus.
Il est maintenant 23h 30 et je sais que la nuit commence à peine….
Toute la nuit il va m’appeler à intervalles réguliers, environ toute les 5 minutes et des fois plus rapidement encore.
Il va falloir le changer au moins une fois, le lever dans la nuit, changer tout les draps du lit, le recoucher et l’écouter me réclamer à manger ou bien vouloir ce lever.
Il est maintenant 6h du matin, il dort enfin à points fermés, d’un ronflement régulier comme je l’ai toujours entendu dans mes plus lointains souvenirs. Oui, moi j’en ai encore des souvenirs, ils sont légions, et lui que lui reste t il ?
L’aube pointe à travers les volets fermés de la chambre, j’ai les yeux rouges de fatigue et cernés, je vais enfin pouvoir me reposer, mes yeux se ferment sans que je puisse les empècher.
Je me réveille en sursaut à demi coucher sur le lit à côté de Nicolas qui ronfle toujours, il est 7h 30, j’ai dormi sans rêve, moi qui rêvais souvent, et qui me rappelait de tous mes rêves.
Là, ….rien…..
Je suis tombée sur le lit comme une masse, mais il faut que je me lève, je suis seule avec Nicolas mon mari qui est devenu mon « enfant handicapé ».
Il faut que j’aille faire les courses au supermarché qui n’est heureusement pas très loin de chez nous. J’en ai pour 5 minutes à pieds, les gens dise de moi que je cours tout le temps, mais comment faut il faire je suis bien obligée, et si il se réveillé entre temps…
Ma toilette est faite et je suis habillée juste le temps de prendre un café bien chaud, comme je l’aime, il est 8h.
Mais suis-je bête, me prend t il à penser, le magasin n’ouvre qu’à 9 h !! Je perds la tête moi aussi, et j’ai mal à mon genoux, je suis tombée dans les escaliers hier matin, pour répondre plus vite au téléphone, pour pas qu’il ne se réveille.
J’ouvre tous les volets de la maison, heureusement ils sont tous électriques maintenant depuis 2 mois mais ça fait du bien, j’avais du mal à les tenir les jours de fort mistral. C’est qu’il souffle fort ici en vallée du rhône.
J’en profite pour allez au jardin mon seul endroit de détente. Je vais arroser mes 3 lignes de carottes d’un demi mètre chacune, mes 15 salades et mon persil. J’ai planté quelle gousses d’ail cette année, je vais bientôt les récoltés, je me prends à être joyeuse…
Les olives sont là cette année mais un peu véreuses, tant pis, on fera de l’huile, j’en ai bien pour 5 litres cette année. Pour les olives cassées, je n’ai plus le temp. Je n’ai plus le temps de faire grand-chose en fait….
Il faut que je remonte voir Nicolas si il dort toujours il est 8h30. Ma demi heure à moi est passée, je la reverrais peut être demain. Je remonte les marches, ces satanées 25 marches, que je monte et remonte au moins 30 fois par jour si c’est pas plus.
Il dort toujours. Je m’empresse de faire un peu de ménage autour de moi. Passer la pièce dans la cuisine, le balai dans la salle à manger le couloir. La poussière sur quelque meubles et c’est déjà l’heure d’allez aux courses et prévoir ce que je vais faire aux repas de ce jour.
Il n’a plus trop de force ni l’automatisme de mâcher. Il va falloir que je prévoir des aliments faciles à digérer car ces intestins ne fonctionnent plus très bien et sont constamment enflammés. Il n’a plus que le goût du sucré, il a toujours été très gourmand, je souri à cette pensée. Je ferais cuire longuement les aliments pour les mixer ensuite afin qu’il n’est pas de peine pour les avaler.
Il dort toujours, il est 9 heures, je vais faire mes courses j’en ai pour 30 minutes au plus en expèrant qu’il ne se réveille pas.
Je remonte les marches très vite car il me semble l’entendre m’appeler.
Anna ! …… Anna !…….ANNA !…………….
Il est là au bord du lit assis, livide, les yeux hagards, la bouche ouverte, trempé de son urine du matin, le lit est dans le même état que cette nuit, il va falloir que je change tout à nouveau. Les bras me tombe le long du corps sans que je puisse les retenir.
Je suis là Nicolas, je suis là, tu vois il fait jour et on va aller à la douche pour faire un brin de toilette tu veux ? Oui, me répond t il sans savoir vraiment pourquoi il dit oui.
Allez viens, lève toi. Je me mets face à lui et je lui prends les deux mains pour qu’il se lève.

Il est lourd et je l’aide à ce lever malgré que je ne sois pas trop forte. Il reste voûté, très voûté. Relève toi, tiens toi droit, mais tous mes efforts ne servent pas à grand-chose il marche vers moi ses mains froides dans les miennes, à petits pas en traînant les pieds.
On vient de faire 7 mètres pour aller à la salle de bain et il nous a fallut plus de 10 minutes. Je l’assoie sur un tabouret de formica blanc, face au lavabo.
Je lui enlève le marcel qu’il avait pour la nuit et je prends un gant de toilette que je mouille avec de l’eau tiède et que j’imbibe de savon de marseille. Je lui applique sur le visage, il retient son souffle en disant « hou que c’est froid !! » Mais non lui dis je, attends, je fais ta toilette, il faut bien qu’on se lave un peu le matin non ? Oui, simplement oui me répondit il.
Je le lave soigneusement comme un enfant, je le rase avec le plus grand soin et je le parfume avec de l’eau de toilette du Mont st Michel, celle qui l’aime bien. Je le coiffe, il a des cheveux d’un blanc immaculé et doux comme de la soie, je prends plaisir à le coiffer et lui aussi je crois qu’il aime bien ça. Il va falloir que je te coupe les ongles lui dis je, mais après le petit déjeuner tu veux ? T’as sûrement faim non ?
Oui j’ai faim, j’ai faim, qu’est ce qu’on mange ? On mange ici ?
Mais non ici c’est la salle de bain on va allez à la cuisine attends que je t’habille et que je te mette les dents. Son dentier est là dans un verre que j’avais pris soin de nettoyer et de désinfecter la veille. Allez lève toi ! Appui toi sur le lavabo et lève toi !
Il se tient à présent debout devant le lavabo à moitié courbé. Tourne toi vers moi, allez tourne toi. Il me regarde avec de nouveaux ces yeux hagards, perdus dans le vide le plus total, je crois que c’est ça qui me fais le plus de peine, il ne sait même pas où il est ni qui je suis à présent.
Je l’habille avec toute les difficultés du monde pour y faire relever une jambe puis l’autre, les bras sont lourds et rigides, c’est très dur pour une femme de 75 ans qui ne dort qu’une petite poignée d’heures par jour, mais c’est l’amour, c’est toujours lui qui me fais avancer et qui me fera garder mon mari toujours près de moi jusqu’à la fin qui est inéductable je le sais bien, mais je crois que je m’y refuse toujours un peu et je me prends plus souvent qu’a mon tour à croire à un miracle.
Avec grande peine on a traversé le couloir qui rejoint la cuisine et qui fait 5 mètres. Il est maintenant assis sur une chaise de la cuisine, avec un bavoir autour du cou pour pas qui se salisse face à la table devant son chocolat au lait que je lui ai préparé et une banane épluchée que je lui donne dans la main, il est à présent 10 heures 15.
La radio est allumée, elle diffuse faiblement dans la pièce quelques nouvelles pas très réjouissantes et de la musique par intermittence, mais je ne lui porte pas trop d’attention je le surveille du coin de l’œil tout en préparant le repas de midi. Sa banane est presque finie il la tiens à l’intérieur de sa main fermée et cherche à l’attraper de sa bouche.
Attends Nico, regarde ouvre ta main. Ces doigts sont crispés. Je lui prends sa banane et je lui donne le restant à la bouche. Il s’est tout barbouillé, je l’essuie et je lui donne une paille pour qu’il puisse boire son chocolat qui est tiède à présent, je viens de vérifier. Il ne boit plus à la tasse depuis longtemps il ne sait plus comment lever le bras pour boire et de plus si le liquide arrive trop vite il s’étouffe et fait systématiquement un faux groupe. Quant sa lui arrive c’est très effrayant, on se demande quant il va s’arrêter de tousser et recommencer à respirer normalement.
Je reste à côté de lui en attendant qu’il finisse son chocolat. J’y en a plus, me répète t il sans arrêt. Non y’en a plus lui dis je en lui enlevant son bavoir et en l’essuyant tendrement. Allez viens on va se reposer dans le fauteuil au salon tu veux ? Oui m’a dit il dit en se levant toujours courbé comme une veille branche toute tordue.
Et quant est ce qu’on mange, me dit il !
Cette phrase je vais l’entendre toute la journée, de suite après son petit déjeuner et ce jusqu’au soir qu’il s’endorme toute les 2 minutes……
C’est comme si on vous attaché sur une chaise, sans pouvoir bouger, et qu’on vous fasse tomber une goutte d’eau sur le centre de la tête, du matin au soir. C’est une souffrance terrible autant morale que physique.
Il est assis sur un fauteuil médicalisé, dans une position semi allongée, je l’ai couvert d’une couverture en espérant qu’il dorme un peu afin que je finisse de préparer le repas. Il ne dormira pas aujourd’hui comme souvent ces derniers temps et ce malgré les cachets pour calmer son anxiété.
Je lui dirais souvent, très souvent pendant que je m’occupe à la préparation du repas ; tout à l’heure, on va manger tout à l’heure, c’est bientôt près. Des fois calmement et des fois en criant, mes nerfs lâchent parfois je dois l’admettre.
Je ne peux même pas lui mettre la télévision, il dit que ça lui fait mal à la tête que ça résonne, le bruit et une source de plus de stress pour lui. De toute façon il y a bien longtemps qui ne comprends plus ce que c’est. Combien de fois il a voulu rentrer dans la télévision pour parler avec le présentateur qui pour lui, le connaissait depuis toujours alors qu’il ne l’avait jamais vu. Il se mettait là devant la télévision allumée en discutant et en voulant toucher l’animateur du reportage.
J’ai fini par ne plus l’allumer.
Il est 12h30 et je ne me suis toujours pas assise une seule fois, mes jambes me font mal parfois, mais il faut que je tienne, pour lui, il faut surtout pas que je sois malade, sinon qui s’occuperai de lui. Mon fils ! Il est trop loin et il a ces occupations avec ces trois enfants et son métier. Je veux pas le mettre dans une institution, je veux le garder jusqu’au bout, jusqu’à ce que je ne puisse plus m’en occuper toute seule. C’est l’amour de ma vie et on n’abandonne pas le mari qui a toujours était bon et dévoué pour vous.
Nous ne faisons qu’une seule et même personne depuis près de 50 ans, comment laisser celui qui a toujours été à vos côtés pendant de si courtes années merveilleuses, le temps passe si vite.
Je l’ai levé de son fauteuil médicalisé pour le mettre assis à la table de la cuisine. J’ai pris soin de lui faire un bon déjeuner avec ce qu’il aimait auparavant car maintenant il ne reconnaît plus trop les goûts des aliments.

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homage à mon papa (3)

Message  Admin le Mar 30 Déc - 13:51

Son repas se compose aujourd’hui de tomates fraîches coupées en petits dés, en salade avec de l’huile d’olive et un peu de vinaigre de vin. J’ai acheté un petit filet de perche ce matin, je vais lui trier et lui émietter pour qui ne s’étouffe pas. Un peu d’épinard finement hachés revenu à l’ail frit dans de l’huile d’olive. Un yaourt nature sucré et deux fruits au sirop, la tout accompagné d’un bon verre de vin rouge, c’était son petit plaisir et j’essais de le lui conserver.
Après lui avoir donné ses médicaments avant son repas, je me suis mise assise à côté de lui, enfin assise. Ho ! Pas pour longtemps, 2 minutes tout au plus, le temps d’allez chercher une serviette afin de lui essuyer la bouche. Je me tiens tout près de lui et je l’aide à manger, de temps en temps je m’en sers une fourchettée pour moi….
On aura mis 30 minutes pour prendre notre déjeuner, enfin pour moi je me contenterai d’une tomate et d’un yaourt à moitié fini.
Il est à présent 13h15, je lui demande de se lever et d’allez près de son fauteuil en expèrant qu’il va faire une sieste pour que moi aussi je puisse me reposer un peu. Je le fais marcher jusqu’à son fauteuil, il me dira plusieurs fois, j’ai renoncer à les compter tellement il le répète souvent : on a fini de manger, où on va, on va manger,…..
Je suis en train de faire la vaisselle et il me réclame toujours. Je m’épuise à l’écouter mais je compati à sa souffrance et je lui réponds sans cesse afin qu’il sache que je suis tout près de lui.
J’ai nettoyé la table, rangé la vaisselle, passé un coup de balai sous la table et je vais le rejoindre dans le salon afin d’essayer de le calmer pour qu’il dorme un peu et que je puisse me reposer moi aussi.
Il est 15h 30, il dort enfin.
Je vais boire un café à la cuisine, mon premier instant de repos. Je sens mes épaules lourdes et mes jambes me font mal. Mes paupières sont lourdes, j’ai sommeil.
Je décide alors de me coucher près de Nicolas dans le canapé près de son lit médicalisé, je me mets une couverture sur moi et je m’endors sans m’en rendre compte.
Quelques secondes après, me semble t il, le téléphone se mets à sonner. Je fais un bond et je court vers lui pour que la deuxième sonnerie de réveille pas Nicolas, il dort si bien, je l’entend ronfler. C’est mon frère qui m’appelle, il doit me couper la haie de cyprès et il me donne rendez vous pour la fin de la semaine. En raccrochant le téléphone, la montre suspendue au mur de la cuisine indique 16h 30 !
En fait, j’ai tout de même dormie 1 heure sans m’en rendre compte. Mon sommeil est très lourd et j’ai du mal à me rappeler mes rêves, moi qui aime tant me les souvenirs. Mais je crois que je suis trop fatiguée pour ça. Je suis heureuse qu’il dorme encore je vais pouvoir allez m’occuper un peu au jardin. Il n’est pas très grand, mais il me permet de me décontracter en le jardinant. Il faudra que je passe la tondeuse aussi sur ces mille mètres qui entoure la maison, demain peut être si je peux.
Je vais rester environ une demi heure dans mon jardin il fait si chaud aujourd’hui, tout en montant les 35 marches au moins 5 à 6 fois pour voir si Nicolas dort toujours.
Il c’est réveillé et m’appelle toute les deux secondes depuis 5 minutes maintenant, je me résigne à monter et à abandonner mon jardin pour aujourd’hui, malgré que je sais pertinemment qu’il ne se lève plus seul de son fauteuil depuis quelques temps. C’est la progression inexorable de cette horrible maladie.
Je vais m’afférer à faire un peu de ménage dans cette grande maison de 180 mètres carrés. La poussière sur les meubles, les vitres, le ménage quotidien et la préparation du repas de ce soir tout en allant souvent rassurer Nicolas qui me demande toujours et me prends souvent pour sa mère décédée ou une personne étrangère qui ne connaît pas. Je crois que c’est sa qui me fait le plus de mal. Par contre mon prénom il ne l’oubliera jamais, Anna, sera toujours présent dans ses demandes. Il le répétera des centaines de fois dans la journée, pour se rassurer sens doute, pour me demander à manger ou pour me demander où il est.
Il pleure de temps en temps en me regardant tristement dans les yeux et en me disant qu’il n’a plus d’argent, qu’il est devenu pauvre….
Le soleil frôle l’horizon quant j’ai fini mon ménage quotidien. Nicolas est toujours éveillé et me demande sans arrêt : quant es ce qu’on mange, on va mangé. Sa phrase est quasiment répétitive et sans pause, même si j’essai de lui dire que c’est bientôt l’heure, il continu de répéter encore et encore. Je suis bien souvent au bord de l’effondrement, mais je me contente de pleurer quelque fois, sa me permet de tenir.
Il est 20h, et je m’empresse de finir de préparer le repas du soir. J’ai fait mijoté un potage à base de légume que j’ai mixé et j’ajoute à la fin quelques vermicelles pour que ce soit plus consistant. Je lui donnerais du fromage à petits morceaux avec du pain frais que j’ai pris ce matin. On finira avec un ou deux carrés de chocolat noir que je lui donnerais là aussi en petit morceaux afin qu’il ne s’étouffe pas en l’avalant. Il a toujours été très gourmant et je le lis dans ses yeux d’émeraudes qu’il a du plaisir à manger ce chocolat.

Ce sera la seule lueur de bonheur que je verrais en lui aujourd’hui.

Vois tu maman, malgré que je sois loin, j’ai vécu avec toi votre calvaire jour après jour et quelques fois même la nuit lorsque mon sommeil ne venait pas à te savoir à son chevet, seule et désemparée face à cette maladie qui ne devrait même pas existée.
Un homme a du mal à pleurer, à dire toute sa tristesse et son désespoir, mais malgré tout, je peux m’exprimer en l’écrivant comme si c’était moi qui avais gardé papa jour et nuit et qui te regarder le soigner . Mon esprit et mon âme étaient toujours avec vous.
Comment as-tu pu tenir maman, dans cette souffrance de tous les jours et de tous les instants ?
Tu es une sainte femme pour t’en être occupé sans relâche et sans faille jusqu’au bout de son chemin, jusqu’au bout de tes forces. Je me demande encore aujourd’hui où tu as trouvé tous ce courage, cette volonté et cette compassion.
C’était un homme bon et plein d’amour, un pain de bonté. Il a beaucoup souffert parmi les hommes et je me plais à croire qu’il a trouvé le repos éternel en nous attendant.
C’est ton mari et moi c’est mon papa pour toujours vivant dans notre coeur.

Tu as le respect le plus profond de ton fils et j’en suis sur l’Amour toujours intact de Nico.

A bientôt Papa
et
Bisous Maman.

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